À propos de Prof. Expédit Wilfried Vissin
Ils sont peu nombreux, ces Béninois qui font rayonner le Bénin dans l’espace scientifique international. Mieux, ils sont rares ceux qui sont à la tête des sociétés savantes mondiales. Le professeur Expédit Wilfried Vissin, vient de rejoindre cette crème de la crème depuis quelques jours. Il préside désormais aux destinées de l’Association Internationale de Climatologie (AIC) qui regroupe de nombreuses sommités de la climatologie à travers le monde.
Père de deux filles, époux d’une ravissante femme, ce passionné de cinéma, de football et de lecture retrace son parcours long et enrichissant au micro de Educ’Action. Scientifique rigoureux, qui aime qu’on exécute le travail confié, et détestant le mensonge, il fait le point des heurs et malheurs de sa vie de climatologue chevronné et bon teint.
Initiateur des formations en Hôtellerie et Tourisme à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), son principal défi dans la vie est d’œuvrer à la valorisation et au rayonnement du secteur de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme afin que le Bénin ait les devises nécessaires pour son développement. Le reste, c’est dans cette interview exclusive !
Educ’Action : De l’élève à l’enseignant, racontez-nous un peu votre parcours scolaire et universitaire ?
Prof. Expédit Wilfried Vissin : J’ai commencé mon école primaire à Ahouaga à Abomey. Ensuite, je suis venu à Cotonou où j’ai continué ma scolarité à l’école Saint-Jean jusqu’au CM1. Puis, je me suis retrouvé en Côte d’Ivoire où j’ai fait le CM2. Suite à l’obtention du CEPE, j’ai continué en Sixième puis en Cinquième. Je suis revenu au Bénin et j’ai été inscrit au CEG 1 de Parakou…
Après le Bac, je me suis inscrit en géographie à l’université, car j’aime le paysage, le naturel et l’eau. J’ai obtenu ma Licence en 1995-1996 et j’ai soutenu ma Maîtrise en 1998. Le laboratoire de climatologie était en partenariat avec l’université de Bourgogne en France, et j’ai poursuivi un Master puis une thèse, soutenue en 2007.
Vous êtes géographe à la base avant d’être hydro-climatologue. Comment vous êtes-vous retrouvé dans l’hôtellerie et le tourisme ?
La géographie s’occupe du naturel, des ressources en eau, et des ressources naturelles en général, qui sont aussi des objets d’études du tourisme. Le tourisme se fait dans l’espace, donc la géographie et le tourisme sont intrinsèquement liés.
Aujourd’hui, vous êtes président de l’AIC. Comment a commencé votre aventure dans cette société savante internationale ?
Quand je partais aux colloques de l’AIC, je défendais plusieurs communications, ce qui m’a rendu très visible. En 2006, après des échanges respectueux mais forts, j’ai fait comprendre que l’Afrique mérite du respect scientifique. Depuis, j’ai vu un respect croissant pour mon travail et pour l’Afrique. En 2018, je suis entré dans le conseil d’administration de l’AIC.
Quels sont les objectifs et les missions de cette association mondiale de climatologues ?
L’AIC regroupe des climatologues et spécialistes du climat, avec une approche multidisciplinaire. L’association organise des colloques, publie des recherches et promeut des actions pour mieux comprendre les phénomènes climatiques. Nous avons également ouvert les communications en anglais pour élargir notre portée.
Que pouvez-vous partager avec la jeune génération ?
La jeunesse doit être concentrée et déterminée. Ils doivent avoir des repères et s’investir dans l’éducation. Les jeunes doivent être des exemples pour ceux qui les suivent. Ils doivent comprendre qu’il faut se sacrifier pour réussir et qu’aucune réussite n’est immédiate. La détermination et la patience sont essentielles.